WOODEN STORIES
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L'usage du bois


L’Usage du bois est un voyage d’étude sur le matériau bois et l’usage qui en est fait en architecture. Notre itinéraire décrit une boucle à travers l’Europe : il débute dans le Sud-Ouest de la France, pour aller vers la Suisse, redescend jusqu’en Grèce par les Balkans, remonte à travers les plaines de l’Est vers les pays baltes avant de revenir vers l’Ouest par les pays scandinaves. 

Plus que sur l’architecture en bois, l'étude est orientée sur le matériau bois. Nous nous intéresserons donc à des bâtiments utilisant le bois, mais aussi aux ateliers, usines, scieries et exploitations qui traitent le matériau en amont de la construction.

De l’arbre au bâtiment, nous essaierons de comprendre les capacités et qualités du matériau sans omettre les facteurs technique, économique, historique et politique, qui impactent son emploi.

L'étude prend la forme d'une collection d'articles, rédigés pendant le voyage, et assemblés au fil des kilomètres.





Faire un voyage d’étude


« Pendant mes années d’études, j’avais honnêtement fait de la «culture» en pot, du jardinage intellectuel, des analyses, des gloses et des boutures ; j’avais décortiqué quelques chefs-d’oeuvre, sans saisir la valeur d’exorcisme de ces modèles, parce que chez nous l’étoffe de la vie est si bien taillée, distribuée, cousue par l’habitude et les institutions que, faute d’espace, l’invention s’y confine en des fonctions décoratives et ne songe plus qu’à «faire plaisant», c’est-à-dire : n’importe quoi.» 1

Dans le cas d’une étude sur le bois, partir vers l’Est, particulièrement dans les régions alpines, dans les Balkans et en Scandinavie, c’est d’abord aller où le savoir se trouve. Le bois est inscrit dans la tradition architecturale de ces régions, et les architectes locaux perpétuent cette tradition et innovent dans l’emploi du matériau.

À une époque où la diffusion d’images est pléthorique et donne l’illusion qu’elle peut se substituer à la richesse de l’expérience vécue, nous avons voulu visiter physiquement les lieux, et rencontrer les acteurs de la filière bois, les architectes, les habitants.

Aller voir, nous paraissait aussi être le meilleur moyen de découvrir, par détour, ce qui n’affleure pas de la couche médiatique, l’architecture vernaculaire, les lieux de production, les forêts...

Voyager en Europe enfin, c’est pour nous découvrir des pays et des peuples avec lesquels nous partageons une histoire et un projet. Plus que jamais nos destins sont liés et comme on le verra, comprendre un matériau, c’est aussi comprendre les enjeux géopolitiques et culturels qui sous-tendent son utilisation.





Etudier un matériau


«Au fil du temps, les architectes ont abandonné une partie de ce qui ressortait normalement de leur compétence aux entrepreneurs, aux ingénieurs, aux bureaux d’étude, jusqu’à ne plus être réduit - dans certains cas - qu’à fournir le seul dessin du permis de construire.» 2

Notre étude porte sur un matériau, plutôt que sur des oeuvres architecturales. C’est une focale large, mais que le contexte actuel justifie. En premier lieu parce que les architectes ont besoin de reprendre pied dans le domaine de la compétence technique. 

Comme le décrit Bernard Marrey dans son livre « Architecte, du maître de l’oeuvre au disagneur » l’écart entre conception et réalisation n’a cessé de se creuser au cours des siècles. Aujourd’hui, le chantier, la phase de réalisation de l’oeuvre architecturale, semble échapper de plus en plus aux architectes. Nous pensons que les jeunes architectes doivent travailler au regain de cette compétence afin de rétablir un dialogue équilibré avec les autres professionnels de la construction.

Étudier un matériau, c’est pour nous aller dans ce sens. C’est déposer l’habit d’architecte pour adopter le point de vue de l’artisan, de l’ingénieur ou du fournisseur de matériau. C’est comprendre les tenants et les aboutissants de sa mise en oeuvre. C’est se donner l’opportunité de sortir des catalogues de produits préconçus pour retrouver une liberté d’action et de choix. C’est aussi intégrer l’impératif écologique qui doit aujourd’hui être le nôtre en s’intéressant à l’ensemble du cycle de production d’un bâtiment.





Etudier le bois


«By applying appropriate tools and techniques to a good piece of timber, a woodworker's imagination is limited only by the nature of his material - a material that often seems to have a life of its own.» 3

On l’entend souvent, le bois est un matériau d’avenir. Après avoir été éclipsé par les matériaux industriels, il connaît depuis une quarantaine d’années un regain progressif dans le secteur de la construction.

Les arguments ne manquent pas en faveur de ce matériau : renouvelable, écologique, nécessitant peu d’énergie grise, porté par des entreprises compétentes, de plus en plus performant grâce aux innovations technologiques, etc. En ce début du XXI ème siècle le bois semble appelé à rejouer un rôle de premier plan dans l’architecture.

Pourtant des freins persistent, et en France, le bois peine à s’imposer pleinement. Derrière un discours souvent trop édulcoré porté sur le matériau se cache une réalité complexe, mêlant problématiques réglementaires, techniques, économiques et culturelles. La profusion de documentation sur la «tendance bois» masque en fait l’absence d’une réelle connaissance du matériau de la part des architectes.

À travers cette étude nous voulons essayer de comprendre ce que peut vraiment le bois, avec objectivité, en analysant les qualités mais aussi les limites de ce matériau ancré dans l’histoire et porteur pour l’avenir.





1. Nicolas Bouvier, L'usage du monde.
2. Bernard Marrey, Architecte : du maître de l’œuvre au disagneur.
3. Holan cité par Klaus Zwerger. Wood and Wood joints, building traditions in Europe, Japan and China.



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MILOS XIRADAKIS


Né à Bordeaux en 1988, il est architecte hmonp. Son projet de fin d’études, soutenu en 2013 à l’ensa Paris-Malaquais et préparé sous la direction de Marc Armengaud, proposait la reprogrammation de la dalle du centre-ville de Bobigny. Il a été présenté dans le cadre de l’exposition Futurs immédiats au Pavillon de l’Arsenal en 2014. Milos Xiradakis a collaboré au sein de l’Atelier Seraji, à GRAU et Frédéric Druot Architecture. Il mène désormais ses propres projets d’architecture et d’illustration à Bordeaux.




CYRIL CHABAUD


Né à Toulouse en 1988, architecte hmonp diplomé de l’ENSA Paris Malaquais en 2013, il aborde sa profession avec l'envie de faire une architecture qui ne soit pas exclusive, et qui au contraire explore le champ immense de l'architecture ordinaire, celle qui concerne la plupart des gens. Cette approche, notamment mise à l'épreuve lors de son projet de fin d'étude sur Ouagadougou, correspond à un positionnement critique en faveur de l'architecture moyenne, avec l'objectif de pouvoir ainsi en tant qu'architecte, "impacter" l'économie, l'environnement, la société.... de manière significative.
Cyril Chabaud a travaillé au sein de l'agence SCAU, et chez uapS. En 2011, il travaille chez Renzo Piano Building Workshop à Gênes, grâce à la bourse d'étude de la Fondazione Renzo Piano, en partenariat avec l'ENSA Paris­Malaquais.



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Un voyage en van
Bordeaux. Juin 2016. km 0.

Nous avons mis du temps à partir ; le temps de préparer le voyage, mais surtout le van qui devait nous transporter pour les mois à venir. Notre véhicule, notre demeure, notre lieu de travail. Il fallait le préparer au mieux, afin de pouvoir en somme préparer le moins possible le reste, et s'offrir un maximum de liberté.


À Hélène et Jean-Pascal, pour le soutien technique,
À Caroline, pour l'enthousiasme sans limites.


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Un T4 Wolksvagen, fiable et discret a servi de base a ce micro-projet d'architecture. L'aménagement est simple, conçu pour évoluer au long d'une journée. Deux banquettes se font face, à chaque extrémité se trouve un meuble fixe prenant toute la largeur du van, la cuisine à l'arrière et la bibliothèque à l'avant. Chacun permet de déplier un bureau suspendu entre les assises. Côté porte latérale, la banquette est pour moitié constituée de deux tabourets escamotables, venant souvent se mettre près de la table de cuisine, abrités sous le haillon. Le soir venu, l'autre banquette est rabattable et permet de former un lit. L'aménagement intérieur est construit en contreplaqué de bouleau, hormis le plafond et le haillon qui sont recouverts de panneaux de peuplier plus fin.

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Remerciements


Jean-Louis, Jean-Michel, Hélène, Jean-Pascale, J. Brooke Harrington, Judith Bing, Matias, Simon, Alexandre Augereau, Quentin Cecina, Jean, Marcel, Bertrand, Jovan & Lamia, Jovice & Radosav, Mirčeta, Felix, Milenko, Luk, Yeb-Yet, Zarko, Rosik, Sacha, Marina, Aïtor, Krister, Claude, Louis & Sarah.









© Cyril Chabaud & Milos Xiradakis